Perdre sa « jeunesse » à Marrakech!

Où est Gaël? Sauras-tu le retrouver dans cette image?
Où est Gaël? Sauras-tu le retrouver dans cette image?

Cela fait un moment que je voulais écrire un petit article sur ma tournée des lycées de Marrakech, en octobre dernier. Pourquoi ? Parce que, invité par l’Institut Français de Marrakech, j’y ai vécu une expérience nouvelle dans mon parcours d’auteur.

img_20161025_101213D’abord parce que je suis rarement reçu comme un ministre. Or ce fut le cas à Marrakech. Dattes et lait à la fleur d’oranger, pâtisseries, thés à la menthe, photographes (parfois caméras), tapis rouges, portraits encadrés, costumes de cérémonie, musique, dédicaces en rafales et pluie de selfies… Mais même les établissements dont l’accueil fut plus sobre m’ont touché tout autant. img_20161022_172701Car, le point le plus surprenant, pour moi, fut l’accueil réservé… à mon livre.

Je rencontrais des élèves d’établissements publics, des classes à section internationale mais dont le français n’était pas la langue maternelle. Les lycéens avaient pourtant lu Les héros oubliés, récit complexe et dont la plupart des références mythologiques (carolingiennes) leur étaient inconnues. Or les élèves comme les enseignants (et parfois les directeursimg_20161022_095509 d’établissement) avaient lu, disséqué et analysé le roman comme jamais.

Je rappelle qu’il s’agit d’une saga que l’on peut classer dans le vaste genre de la Fantasy, genre assez peu considéré en France, particulièrement dans le cadre scolaire. Pourtant, tous avaient effectué des recherches incroyablement complètes en amontmarrakech-6 (on m’a cité des interviews de moi dont je n’avais aucun souvenir, me mettant face à mes propres contradictions) et les questions étaient pointues. Jamais auparavant on n’avait interrogé mes livres à la lumière de Michel Foucault ou de Roland Barthes, ni pointé (très justement) le thème de l’acculturation dans Les héros oubliés.

mediathequemarrakechCeux qui connaissent le monde de la littérature jeunesse m’auront compris, ce n’est pas tant les honneurs qui m’ont flatté, que l’absence totale de condescendance vis-à-vis de mes romans. En un mot, le sentiment qu’ils étaient considérés comme des œuvres littéraires à part entière, et non comme de la littératuremarrakech-1 jeunesse. C’était inédit pour moi, et très troublant, d’être devenu, le temps d’un voyage, un écrivain tout court !

Merci du fond du cœur aux directeurs, enseignants et élèves des lycées El Maghreb el Arabi, Abou Abbas Sebti, El Oumnia, marrakech-3Youssef ibn Tachfine, et Mohamed V (où j’ai pu découvrir le visage du mystérieux Omar 😉 ) de m’avoir si bien reçu et considéré.

Merci à Claude et Élise, de l’Institut Français, à son Directeur et à tout son personnel (bibliothécaire, chauffeurs…) pour leur grande disponibilité et gentillesse. Et merci particulier à Camille de m’avoir guidé dans cette ville que je suis ravi d’avoir (partiellement) découverte grâce à elle !

شكرا جزيلا – shoukran jazilan – merci beaucoup