Chers élèves de la Maison Familiale Rurale de la Dombes…

Chers élèves de la Maison Familiale Rurale de la Dombes,

Merci pour toutes vos lettres qui me parviennent juste mais que vous m’aviez écrites il y a plus d’un an, suite à votre lecture partagée du roman « Ma réputation ».

Il m’est impossible de vous répondre par courrier, puisque vous avez quitté l’établissement.

Je ne peux le faire très personnellement dans une réponse publique, mais votre professeure a pensé que ce serait mieux que rien, puisque vous fondiez beaucoup d’espoirs sur cet envoi, vous qui n’aviez parfois jamais fini un livre.

J’avoue peu apprécier l’expression intime sur la toile mais je vous remercie pour ces lettres qui m’ont toutes fait très plaisir, et pour certaines beaucoup touché. Vos confidences sur les tracas de vos vies et vos états d’âme étaient, à vrai dire, aussi inconfortables qu’émouvantes à lire. Je les prends comme le témoignage de la façon dont vous vous êtes emparés de ce livre.

Je vais seulement répondre à deux de vos questions, les plus fréquentes, auxquelles je réponds très souvent :

  • Non, je n’ai jamais été harcelé ni harceleur. Mon métier, comme je l’envisage, est d’investir d’autres existences que la mienne et de m’exposer tout en restant à l’ombre. Il semble que j’aie bien fait mon travail sur ce roman, puisque vous vous y êtes retrouvé si fortement.
  • Oui, je revendique cette fin en suspend, qui frustre certains d’entre vous, autant qu’elle réjouit les autres. Elle n’est pas une facilité. La facilité aurait été un vrai point final. Mais il n’y a pas de point final dans la vie. Ou plutôt, il n’y en a qu’un seul, que l’on évoque rarement en littérature jeunesse et qui n’était pas mon propos.

Merci encore de m’avoir désarçonné et gratifié tout à la fois.

Bonne route à vous tous !

Gaël Aymon